• Les Copains D'abord

NON, un tiers-lieu n’est pas voué à être biberonné aux subventions !!!



Le collectif Les Copains d’A-Bord revient de Metz après avoir passé 3 jours à la première rencontre nationale des tiers-lieux, « Faire tiers-lieux », organisée par France Tiers-Lieux - en partenariat avec l'Agence nationale de la cohésion des territoires et la Banque des Territoires. Nous vous proposons une série de regards alternatifs pendant les semaines à venir pour partager notre vision de comment réussir son tiers-lieu et donner aux tiers-lieux leur rôle de dynamique des territoires.


La semaine dernière, plus de 600 acteurs du mouvement des tiers-lieux s’étaient réunis à l’emblématique Bliiida avec l’ambition de structurer, valoriser et ancrer dans la durée l’action des tiers-lieux au sein de la société.

De nombreux constats surprenants sont venus nourrir le débat de la difficile structuration de ces nouveaux lieux de vie. Ces 3 jours d’échanges ont mis en lumière de nombreux points de divergences hérités, notamment d’un militantisme politique bien trop souvent présent. Bien que surprenant entre les différents profils des acteurs et objectifs du rassemblement, cela laissait entrevoir de multiples courants de tiers-lieux qui se dessinent au sein même des porteurs de projets.

De nombreuses questions restent clés pour la réussite de ces lieux de vie et du futur des territoires à l’issue de ces journées instructives :

Comment structurer une vision de développement à la fois pérenne et co-construite avec des moyens renforcés par l’État et l’ANCT pour une plus grande agilité initiale, si l’on n’intègre pas que les actions d'intérêt général doivent aussi être portées par un modèle économique viable (rentable) dans le temps ?

Pourquoi ce qui pourraient être perçus comme des détracteurs de l’autonomie financière d’un tiers-lieu décrédibilisent la capacité de la société civile à Faire, pour une idéologie d’un tout État-providence ?

Pourquoi ces mêmes utopistes croient pouvoir censurer des notions telles que « lucratif », « management » ou « marketing » de ces nouveaux lieux alternatifs symboles de l’évolution des modes de démocratie participative, de consommation, de travail et des engagements pour les transitions nécessaires aujourd’hui pour demain ?




Afin de recontextualiser les enjeux de ces nouveaux espaces à l’approche systémique du vivre et faire ensemble, rappelons les fondamentaux :

Un tiers-lieu apporte une nouvelle forme de démocratie participative réunissant le plus souvent acteurs privés et publics dans des lieux pluridisciplinaires à la gouvernance parfois mixte. Concrètement, un tiers-lieu prend le chemin inverse des entreprises traditionnelles qui travailleraient en dernier recours leur politique RSE parce que c’est dans l’air du temps et que cela fait vendre.

Un tiers-lieu c’est avant tout une cause responsable et engagée qui fédère pour un territoire ! Le tiers-lieu est essentiellement fondé sur des missions d’utilités sociétales pour un territoire donné par des réponses concrètes :

La nécessaire transition écologique, la solidarité, la responsabilité collective, le futur du travail, la transition numérique, le nomadisme, la fabrication locale, le réemploi, le lien social, l’alimentation durable et en circuit court, la participation citoyenne, l’inclusion sportive ou artistique… transgénérationnelle … tout cela « c’est sa raison d’être » !

Ainsi un tiers-lieu peut être défini comme un espace hybride d’expression des nouveaux modes de vie des communautés d’un territoire, porté par un message fédérateur autour du faire et vivre ensemble et de la dynamique économique, sociale et solidaire de ce territoire.

Sa vocation est de permettre à un écosystème de créer des synergies collectives et y faire émerger de nouvelles dynamiques en partageant ressources, compétences et savoir-faire. La résilience territoriale est au cœur de ses enjeux. Dans « tiers-lieu » il y a LIEU, le sujet du foncier est naturellement majeur… Car il permet également de revaloriser le patrimoine iconique d’un territoire et donner une nouvelle vie à ses biens fonciers abandonnés en capitalisant sur les nouveaux flux et modes de vie 2.0. Un tiers-lieu est dans ce sens un incubateur d’innovation économique et entrepreneurial d’hyper-proximité et la promesse d’une destination hybride attractive et dynamique.

Nous avons entendu toutes les difficultés à aligner les intérêts des collectivités, des porteurs de projets, des usagers et des financeurs, avec la faisabilité, viabilité et la rentabilité. Certaines postures évoquées plus haut pouvant quasiment être des épouvantails pour les collectivités territoriales et financeurs. Comment les réfractaires dogmatiques à une gestion économique « normalement rentable » peuvent mélanger idéologie politique et vision anti-progressiste alors que de vraies solutions alternatives naissent dans ces laboratoires expérienciels de proximité ? Rentabilité n’est pas un « gros mot » !

Est-ce que ces nouveaux lieux d’innovation sociale et économique peuvent s’exempter de construire un projet solide, sans outil de gestion, de marketing et d’équilibrage financier selon les lois en vigueur sur le territoire, par simple pensée philosophique de ces nouveaux espaces ? Trop de débats malheureusement auraient pu le laisser à penser.

Il est évident que les tiers-lieux ne sont pas voués à être biberonnés aux subventions mais que bien au contraire, ils constituent le futur des modèles économiques territoriaux basés sur l’hybridation d’activité et la coopération public et privé, pour répondre aux enjeux de leur territoire dans un contexte sociologique de la transformation du travail. Et cette nécessité d’indépendance face aux subventions nous semble fondamentale, car malheureusement nous devons assumer également que les caisses de l’état sont vides, en témoignent les différents budgets de financement du pays.


Au cours des semaines à venir nous nous interrogerons sur :

Comment les tiers-lieux peuvent être, un levier pour le développement économique et l’emploi sur le territoire ?

Comment les tiers lieux peuvent être, un outil pour la revitalisation des territoires ruraux et des centres villes désertés.

Comment les tiers lieux peuvent être, un lieu hybride en quête de rentabilité synonyme de pérennité.

Comment les tiers lieux peuvent être, une marque engagée avec un positionnement sur un marché.

Comment les tiers lieux peuvent être, une entreprise pas comme les autres, fondée par la RSE avec une vision ESS.

Comment réussir son tiers-lieu et réussir les tiers-lieux en France ?



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